Repenser les cérémonies rituelles en temps de confinement

Depuis la création de Syprès, nous essayons de porter notre attention sur un sujet caché, refoulé : la mort. Finalement, la visibilité d’une pandémie est bien plus efficace que tous nos discours pour mettre la mort sur le devant de la scène. 

L’arrivée du COVID19 nous a obligé à repenser notre manière d’appréhender les cérémonies funéraires.

Le confinement une « interdiction de deuil »

Durant 8 semaines les familles n’ont pas pu se rassembler pour organiser leurs funérailles. C’est une véritable « interdiction de deuil » : nous ne pouvons plus rassembler nos relations, nous sommes contraints de limiter nos gestes… Et maintenant, nous n’avons même pas de perspectives de sortie de ces restrictions (20 personnes max. lors des cérémonies, gestes barrières, temps contraint).

Au début du confinement, nous pouvions nous projeter sur des secondes funérailles (funérailles très répandues dans des sociétés traditionnelles et qui scandent la fin processus de deuil, rendent hommage à date anniversaire). Mais il est illusoire de faire des promesses si les interdictions durent encore plus de 6 mois.

Pourtant, on peut imaginer de nouvelles approches… plus intimes.

Pour Syprès, la préparation et l’organisation de la cérémonie sont tellement importantes qu’un nouveau métier – Célébrant – a été créé pour accompagner les familles endeuillées. Nos célébrants sont formés pour s’adapter, créer, voire improviser. Bien des choses sont possibles pour rendre hommage à la personne qu’on aime.

Durant le confinement, nous avons construit des funérailles en essayant de multiplier les rituels là où c’était possible. Les restrictions sont nombreuses (crématorium limité au professionnel, seuls quelques membres sont admis au cimetière ou au dépositoire…) mais nous avons imaginé des gestes et des attentions différentes pour accompagner les proches et chaque moment a été investi : départ du domicile, mise en bière, fermeture du cercueil. Avec les proches nous avons consigné des messages et nous les avons remis dans le cercueil du défunt, ramassé des fleurs des champs…. Les proches, limités à un petit nombre, étaient plus à l’aise pour parler, chanter.

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